3 octobre 2020

Quelles différences majeures pour le métier entre les applications SI Achat SaaS ou SaaS-Cloud ?

Par Patrick Chabannes

Cloud, SaaS, SaaS-Cloud, ASP, Cloud hybrid, public, privé…Les informaticiens jargonnent, les éditeurs mélangent, le Métier s’emmêle et choisit son éditeur dans l’obscurité de la guerre des acronymes techniques. Et pourtant les choix technologiques de son éditeur impliquent pour le métier une organisation ad hoc pour tirer parti des fonctionnalités métier proposées.

D’un côté le SaaS ouvre les possibles jusqu’aux développements spécifiques mélangeant allégrement les concept de customisation, paramétrage ou développement, de l’autre le SaaS – Cloud impose un standard configurable confortable pour qui sait renoncer.  Pour différencier SaaS du SaaS – Cloud, une seule question : l’application est-elle mono ou multi-tenant ?

Le SaaS (mono-tenant)

Au tournant des années 2 000, sans modifier leurs choix techniques, les éditeurs délaissèrent progressivement la vente de leur logiciel sous forme de licence à installer sur une architecture matérielle chez le client, au profit d’un abonnement à l’application hébergée par leurs soins. La modification profonde de leur modèle d’affaires intervint sans avoir investi parallèlement sur une refonte de leur modèle technique qui est : mono-tenant (un nouveau client = une installation), pouvant techniquement s’implémenter chez le client et ouvert à des développements spécifiques.

Le SaaS – Cloud (multi-tenant)

Plus récemment deux innovations, le Cloud et le multi-tenant, permirent l’apparition d’une nouvelle proposition de valeur. Le Cloud est une architecture technique de fermes de serveurs et de stockage et le multi-tenant est à l’informatique ce qu’un building est à l’immobilier : partage des ressources communes et configurations prédéfinies (cloisons, décoration et revêtements des sols et murs). Le SaaS-Cloud est multi-tenant (un nouveau client = ouverture du service), installé exclusivement sur une infrastructure Cloud et fermé aux développements spécifiques.

Trois grands points d’attention : implémentation, mises à jour et intégration de tierce-parties.  

  • Implementation : Adaptation sans fin pour l’un ou standard à déployer pour l’autre, les différences entre SaaS et SaaS – Cloud obligeront à adopter une méthode projet différenciée. L’implémentation d’un SaaS exigera un fort AMOA garant, entre le métier et l’intégrateur, d’une implémentation dans le standard sans se laisser déborder par les désirs de l’un et la faiblesse de l’autre. Celle d’un SaaS – Cloud imposera au client des renoncements à ses désirs au prix d’une garantie de stabilité.
  • Mises à jour : Le bénéfice métier de la maîtrise du service rendu aux utilisateurs et des dates de mises à jour de l’application SaaS impliquera un effort de test, de documentation et une provision budgétaire d’autant plus grands que l’implémentation a mis à mal le standard. De son côté le SaaS – Cloud imposera des nouvelles versions aux fonctionnalités identiques plus ou moins optionnelles et aux dates de mises à jour uniformes pour tous ses clients. 
  • Intégration : Si les contraintes liées aux interfaces vers l’IS du Client sont comparables à la condition que l’application SaaS mette à disposition des API standards, il n’en sera pas de même de l’ intégration de services tiers – les fournisseurs de données, de conformité et de risque. Là où le SaaS devra créer une intégration spécifique, le SaaS – Cloud proposera un service standard à ouvrir aussi facilement que l’eau courante dans un appartement de l’immeuble. 

Lectori salutem, Patrick Chabannes

« The mind likes what confirms its knowledge better than what contradicts it. » Gaston Bachelard.